Wassim Ghozlani, le photographe insensé // LE TEMPS

« Solus » est le titre de l’exposition de photographies de Wassim Ghozlani qui se tient jusqu’au 21 novembre à Ghaya Gallery à Sidi Bou Said. Il s’agit d’une série de clichés en noir et blanc qui met la lumière sur le patrimoine architectural représenté par les ruines, les maisons, les structures à l’abandon désertés par les hommes et laissés à leur propre sort mais regorgent de souvenirs qu’il faut juste reconstituer grâce à notre imaginaire.

« J’ai pour habitude d’utiliser un seul appareil photo et un seul objectif, ça me permet de mieux bouger et d’obtenir une harmonie au niveau du cadrage, des angles etc. » explique Wassim Ghozlani.

Photographe free lance « parce que malheureusement, on n’a pas de statut de photographe en Tunisie » avoue-t-il. Il est sur tous les coups. Sa recette ? « Une recette classique. Je suis connu par tout le monde grâce à mon travail et la passion que je porte à la photographie. C’est une recette gagnante à tous les coups. Je la recommande à tous les artistes » dit-il.

L’affiche des JCC, c’est lui.

Parmi ses photos les plus célèbres, celle sélectionnée pour servir d’affiche aux 25èmes Journées Cinématographiques de Carthage (JCC) prévues du 29 novembre au 6 décembre 2014. La photo de l’affiche représente des gens sur leur balcon à Bab Bhar à Tunis filmant des manifestants dans la rue lors des évènements de la révolution en janvier 2011.

L’oeuvre de Ghozlani, choisie parmi 56 candidatures, est une photo en noir et blanc représentant quatre personnes, trois femmes et un homme. Avec un portable à la main, l’une des trois femmes filme une scène devant elle, alors que les trois autres ont le regard fixé dans la même direction. « C’est une photo inédite, jamais publiée auparavant, que je conserve depuis 2011 , dit encore ce jeune photographe.

Les photographies de Ghozlani sont exposées à l’Institut du Monde Arabe (Paris), Atrium Gallery (Londres), White Box Gallery (New York), au National Museum (Maribor en Slovénie), Palais du Baron d’Erlanger (Sidi Bou Said), au Festival Puerta al Mediterraneo à Aragon (Espagne), Matilha (Sao Paulo) et aux Rencontres de Bamako.

Un projet la Maison de l’image

Né en 1986, Wassim Ghozlani est un photographe indépendant qui vit et travaille à Tunis. Wassim partage actuellement son temps entre son travail photographique (publications, expositions, workshop) et la coordination du projet de la Maison de l’Image à Tunis. Il a à son actif de nombreuses expositions en Tunisie et dans le monde (USA, Brésil, Slovénie, France, etc.).

En 2011, il obtient la mention spéciale du jury pour le Prix Arte / Cutlog. En 2012, il est nominé pour le prix Foam Paul Huf et obtient la bourse AFAC Express de l’Arab Fund for Arts and Culture. En 2013, il inaugure sa première exposition personnelle « Postcards from Tunisia ».

Il publie ses photos dans « L’Insensé » une revue dédiée à la photographie contemporaine réunissant à chaque édition, quarante à cinquante photographes. Chaque numéro est consacré à un pays en montrant uniquement des œuvres contemporaines réalisées après 2000.

Il a collaboré avec 24 photographes sur un projet d’envergure « La Maison de l’image ». Sauf mauvaise surprise, il sera inauguré le 19 novembre. La prochaine exposition en 2015.

Hayet Gharbi // 12 novembre 2014

 

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