Noutayel, artiste dans l’âme // LA GAZELLE

Ce n’est pas dans cet article que vous trouverez un portrait détaillé de Noutayel Belkadhi. Artiste insaisissable, véritable électron libre, ce serait un sacrilège que d’enfermer dans des normes un artiste hors norme.

J’ai rencontré Noutayel et son univers à Carthage, dans son atelier. A peine la porte poussée que je m’engouffre dans un monde fait de métaux et d’alliages en tout genre et de toutes les formes. Le regard est sans cesse happé par des carcasses d’objets, des tubes, des tuyaux… La pièce ressemble davantage à l’entrepôt d’un ferrailleur qu’à l’atelier d’un artiste. Cependant, en y pénétrant plus j’aperçois quelques-unes de ses oeuvres, entreposées sur des étagères…en métal. Noutayel laisse libre court à son imagination, j’observe successivement un piranha façonné par un assemblage minutieux de tiges de fer, une mitraillette déguisée en baguette et qui fait écho à la fameuse photographie de Fred Dufour (souvenez-vous de l’homme braquant des policiers avec une baguette, un certain 14 janvier 2011 sur l’Avenue Bourguiba) ou encore un filet de perles noires prenant la forme d’une femme voilée et qui se dandine grâce à un détecteur de mouvements. Noutayel est sans aucun doute très créatif mais possède aussi beaucoup d’humour !

Cet artiste n’aime pas que l’on parle de lui. Sans détour, il m’explique qu’il ne cherche rien, ni la renommée ni la visibilité et qu’il tient dur comme fer à son intimité. Il ne crée pas pour les autres mais pour lui, pour satisfaire un besoin irrépressible de modeler la matière et lui redonner vie. Intarissable lorsqu’il me parle de ses oeuvres, Noutayel m’avoue qu’il aime ce long processus de création, du choix du métal à son modelage en suivant des techniques très pointues. Il faut dire que l’artiste maîtrise parfaitement son sujet, anciennement ingénieur en robotique, il a développé un amour immodéré pour les métaux depuis de longues années. C’est à l’âge de 13 ans qu’il confectionne sa première oeuvre, une petite bicyclette faite de matériaux de récupération. Depuis, il n’a cessé de crée et se laisse volontiers transcender par ses créations.

Dernièrement Noutayel a réinventé la signalétique du Musée de Bardo à l’occasion de l’exposition Klee Macke Moillet. Et si vous êtes de passage à Tunis de janvier à février, ne ratez pas son exposition à la Ghaya Gallery située en bas de la colline de Sidi Bou Saïd, vous serez certainement surpris !

Noemie Zyla // N° 59 • janvier / février / mars 2015

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